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Interludes naturalistes : le triton crêté

Tout au long de l’année, le CPIE Flandre Maritime vous invite à parcourir les espaces de nature de la Flandre Maritime et à (re)découvrir la faune et la flore de notre territoire. En mars, nous avons choisi de mettre en lumière, à travers 2 visites guidées inscrites au programme, trois hauts représentants de la Biodiversité de la Flandre Maritime que sont le triton crêté, la Violette de Curtis et le Traquet motteux. Avec Bart Bollengier et Guillaume Schodet, chargés de mission Biodiversité et naturalistes passionnés, apprenons à les connaître un peu mieux !

Le Triton crêté, le dragon des Flandres

Plus grand triton de France (les mâles mesurent jusqu’à 14 cm, 16 pour les femelles), le Triton crêté (Triturus cristatus) est aussi l’un des plus rares. L’espèce est présente, globalement, au nord-est d’une ligne Bretagne / Rhône-Alpes.

Le Triton crêté doit son nom à la grande crête qui orne le dos du mâle en période de reproduction, la femelle en étant dépourvue.

La couleur dominante sur le dos et le noir, à l’inverse de la coloration ventrale, tout à fait typique et permettant de reconnaître l’espèce sans aucun doute : jaune vif fortement ponctué de noir, avec une gorge noirâtre criblée de petits points blancs, comme observé sur la photo ci-dessous :

Coloration ventrale du Triton crêté

Le triton crêté, comme tous les amphibiens et reptiles de France, est une espèce protégée. Il est notamment interdit de détruire son milieu de vie, de capturer ou manipuler, vendre ou acheter les individus... Il est à noter les chargés de mission du CPIE Flandre Maritime, dans le cadre de leur actions d’études scientifiques et de sensibilisation du grand public, ont obtenu une dérogation de « capture et relâcher » des amphibiens de la part des préfectures du Nord et du Pas-de-Calais.

Cette protection est indispensable à la survie de l’espèce, menacée comme tous les amphibiens par la destruction ou la fragmentation des milieux de vie, les pollutions, la circulation routière... Chacun, chez soi, peut rendre service à ces fidèles amis du jardinier (le Triton crêté est un grand consommateur d’insectes, de limaces...) en créant des espaces de nature favorables : mare, tas de bois ou de pierre, zone d’herbes folles...

Visite guidée nocturne


La violette de Curtis, l’un des fleurons des Dunes Flamandes

La Violette de Curtis, ancienne sous-espèce de la Violette tricolore, est sans conteste l’un des fleurons des Dunes Flamandes. Son aire de répartition mondiale trouve en effet sa plus grosse concentration entre Dunkerque et Nieuwpoort. Ailleurs, la Violette de Curtis apparaît ici et là sur les côtes de la Manche, sur le littoral des Pays-Bas (quelques stations au Danemark également) ou encore dans quelques espaces dunaires d’Angleterre.

Caractéristique des dunes grises (dunes dominées par les mousses, lichens et autres plantes annuelles ou ‘thérophytes’), la Violette de Curtis colore de blanc, jaune et violet ces milieux protégés à l’échelle européenne. Fleurissant sur une très longue période, de février à mars, jusqu’à l’arrivée des premiers coups de froid automnaux, la Violette de Curtis accompagne chaque visiteur le long de ses pérégrinations dunaires. La plante apprécie particulièrement les ‘sols pauvres’ (entendez pauvres en humus, les sols pauvres étant par ailleurs bien souvent très riches de biodiversité), bien ensoleillés et drainants. Dans les dunes, ces conditions écologiques se retrouvent dans les dunes grises.

Si le promeneur apprécie la beauté des fleurs, la plante fait d’autres heureux, en particulier grâce à ses feuilles. La Violette de Curtis est en effet la plante hôte du Petit Nacré, joli papillon de jour (ou ‘rhopalocère’) en déclin au niveau mondial. Plante hôte ? Ceci signifie que la chenille de Petit nacré se nourrit exclusivement des feuilles de cette plante. Le Petit nacré possède sur le verso de ses ailes postérieures des tâches blanches brillantes semblables à de la nacre. Ce papillon se rencontre ailleurs en Europe, notamment dans les sous-bois et coteaux calcaires, où d’autres espèces de violettes servent de plantes hôtes à cette sympathique espèce de papillon.

Violette de Curtis


Le Traquet motteux, l’oiseau des terriers :

Le Traquet motteux fait partie de ces beaux oiseaux au nom malheureusement bien difficile à prononcer et à retenir. Les traquets font partie d’une famille d’oiseaux proche de celle des merles et des grives. De petite taille (Traquet ou Tarier des prés, Traquet pâtre….) à relativement grande (taille proche de celle du merle), les traquets se tiennent généralement bien droits, le buste en avant, bien posés en évidence sur un piquet, un rocher surplombant ou encore sur une crête de dune ou une branche d’arbuste surélevée. Inquiétés, les traquets basculent la queue de haut et bas, comme un frétillement, et lancent comme appels des sons assez puissants avertissant l’ensemble des oiseaux du voisinage de la présence du prédateur ou des bienveillants observateurs que nous sommes.

Comme chez la plupart des oiseaux, le mâle de Traquet motteux est plus coloré que la femelle. Le dessous est blanc, le dessus bleu-gris. Il dispose d’un étroit mais bien visible sourcil blanc derrière les yeux et surtout d’une queue noire et blanche assez caractéristique et visible de loin lorsque l’oiseau hoche la queue. Si vous y regardez de plus près, le noir forme un ‘T’ sur les côtés blancs de la queue. La femelle, d’aspect brunâtre, présente le dessous blanc, le sourcil clair et le motif de la queue. Le Traquet motteux aime à nicher dans les endroits relativement ouverts, parsemés de cavités au sein desquelles la femelle pondra ses œufs. Dans les hautes montagnes ou dans le grand nord de l’Europe, ils’agit de cavités rocailleuses, se situant à proximité des éboulis ou des côtes rocheuses littorales. Dans les dunes, il n’y a point de rochers… mais ici, les terriers de lapins sont accueillants pour les traquets motteux ! Espèce migratrice, le Traquet motteux est un hôte estival, qui rejoint l’hiver ses quartiers d’hivernage au sud du Sahara. Sans raison apparente, l’espèce, depuis quelques années, semble connaître un déclin important et prononcé : difficulté de trouver des insectes, disparition des habitats, problèmes sur les aires d’hivernage, aléas climatiques… ? Les causes exactes de ce déclin demeurent inconnues, et plusieurs effets ont probablement un effet multiplicateur.

Traquet motteux ((c) Fabrice Croset)

Visite guidée sur l’histoire de la Dune Fossile :
Le samedi 30 mars 2013 de 14h30 à 17h00
Contact : Bart Bollengierbart.bollengier@cpieflandremaritime.fr
Tél. 03 28 26 86 76

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