Le littoral est un espace fortement investi par les sociétés humaines. A l’échelle mondiale, 60% de la population vit à moins de 60 kilomètres des côtes. Et ce pourcentage ne cesse d’augmenter. Le littoral, par sa position charnière entre la mer et l’intérieur des terres, est un espace attractif pour les activités touristiques, industrielles, commerciales, balnéaires… Ces activités ne sont pas sans causer quelques préjudices, parfois irréversibles, à l’environnement littoral et marin.
- L’urbanisation croissante a gagné sur ces espaces naturels de haute valeur biologique : dunes, marais littoraux, pannes humides… La disparition de ces habitats naturels a entraîné la disparition des espèces qu’ils hébergeaient : des marais entiers peuplés d’Orchidées sauvages ont ainsi disparus. Si l’urbanisation est aujourd’hui limitée et régie par des règles d’urbanisme strictes, les espaces urbains empêchent certains animaux de se déplacer d’une dune à l’autre. Des politiques de corridors biologiques, liens entre les différentes dunes, sont dès lors nécessaires.
- Les activités humaines, qu’elles se situent sur le littoral ou à l’intérieur des terres, génèrent des nuisances pour l’environnement littoral et marin. Les pollutions, industrielles, agricoles et domestiques, agissent sur l’air, l’eau, les sols… Les êtres vivants et les habitats sont plus ou moins sensibles à ces pollutions : la pollution de l’air altère les peuplements de lichens, une eau trop riche en matière organique tend à banaliser les plantes tandis que la concentration de métaux lourds provoque parfois la mort des animaux (botulisme chez les canards par exemple). Ces nuisances induisent également des répercussions sur la santé humaine.
- Réservoir gigantesque a priori inaliénable, l’espace maritime transfrontalier de la Mer du Nord/Noordzee n’est pas épargné par nos activités et nos modes de consommation. Malgré les surveillances accrues et l’augmentation des amendes, des navires continuent à dégazer illégalement dans nos eaux tandis que le trafic intense du détroit augmente les risques d’accidents et marées noires. Les techniques de pêche des navires industriels nettoient littéralement les fonds marins, déracinent les peuplements d’algues utilisées comme frayères par les poissons et conduisent, année après année, à une disparition de certaines espèces (le cabillaud par exemple). Tous les déchets retournent à la mer (par les rivières notamment), les mammifères marins continuent de s’étouffer avec des sacs plastiques, certains changements hormonaux s’observent chez les poissons avec le rejet de nos substances médicamenteuses et les oiseaux migrateurs continuent à tomber sous les balles de la chasse littorale.
Les enjeux littoraux communs entre la Mer du Nord française et la ‘Nordzee’ belge ont amené, à différents échelons des structures françaises et belges, à se rapprocher pour lutter ensemble contre ces menaces qui pèsent de part et d’autre de la frontière.